top of page

WHERE THE WILD THINGS ARE (ou pourquoi tout le monde a mal au dos)

February 2024, Les Limbes, Saint-Etienne - FR

(photos Cyrille Cauvet)

FR

À vous,

Tout le monde s’accordera sur le caractère tragique de la vie de Dalida. Une robe de feu et une larme dans la voix. Un professeur était tellement déconcentré par la façon qu’elle avait de jouer avec ses cheveux sur scène qu’il en avait perdu de vue notre rendez-vous. C’était hors de propos, comme de parler du jour à un hibou et ça m’avait vexé. Pourtant, je me suis toujours dit qu’un jour, elle apparaitrait dans le travail. Maintenant c‘est fait. La suite silvousplait.

Sailor et Lula, deux personnages sexy, c’est comme ça. À l’ancienne. Rock et con-con. Beaux et romantiques. Les chats peuvent faire peur. King Kong et Godzilla qui s’embrassent, n’est-ce pas ça, une thérapie concluante ? Les chevaux aussi vont chez le dentiste. Les personnages mignons sont souvent vulnérables. Les jeunes garçons aiment se montrer leurs culs. Et je ne sais pas si ce sont les gens tristes qui fabriquent ces tableaux présentant des messages positifs (Dream Big, Live Simple) ou si ce sont ces tableaux qui fabriquent des gens tristes.

Je serais bien incapable de vous dire où se trouvent les choses sauvages. J’ai quelques pistes. Faibles. Peut-être dans l’espace entre les yeux, les dents, les pieds. Par là. À l’intersection, dans le bas du dos. En tout cas ce sont sûrement là que naissent les monstres et leurs imaginaires. Des « The night Max wore his wolf suit and made mischief of one kind » qui finissent en « and it was still hot. »

J’ai bien conscience que je ne suis pas d’une grande aide pour répondre à vos questions. « qu‘est- ce que c’est et qu’est-ce qu’il veut nous dire » Je vous pris de m’excuser. Je peux vous dire que le titre de l’exposition est tiré du titre original de Max et les Maximonstres, ce livre pour enfant écrit par Maurice Sendak en 1963, raconte l’histoire de Max, un petit garçon furieux d’avoir été envoyé dans sa chambre sans repas et qui se verra projeté sur une île remplie de monstres (Wild things) qu’il effrayera et dont il deviendra le roi. Il finira par s’y sentir seul mais apaisé, puis rentrera chez lui, où le plat chaud que sa mère lui avait préparé, l’attendra. Cette histoire de colère puis de calme fascina enfants, adultes, psychanalystes, artistes et pour dire vrai, à peu près tout le monde pendant plus de soixante ans (un point commun avec Dalida ?). Qui, enfant, n’a pas crié sa colère dans son oreiller après s’être fait engueuler ? Et qui ne souhaiterait pas le refaire en pensant à l’absurde violence de notre monde ? Le sous-titre de l’exposition « (ou pourquoi tout le monde a mal au dos) » quant à lui provient d’un running-gag dans le film La femme de mon frère de Monia Chokri. Dans le film, le personnage de Sophia, trentenaire un peu paumée, répète tout au long de ses péripéties contemporaines (difficulté à finir sa thèse, à trouver un emploi intello et pas trop difficile, jalousie à l’égard de sa belle soeur successful en tout point, rencontres avec des gars un brin couillons, etc.) qu’elle a mal au dos et affirme, avec une bonne dose d’ironie, que c’est actuellement le plus gros problème de l’humanité.

Marilyn Monroe se rongeait les ongles.

Sincèrement,
Tristan Chinal-Dargent

EN

To you,

Everyone will agree on the tragic nature of Dalida's life. A dress of fire and a tear in her voice. A teacher was so distracted by the way she played with her hair on stage that he lost sight of our appointment. It was out of place, like talking about the daylight to an owl, and it had offended me. Yet, I always told myself that one day, she would appear in the work. Now it's done. What's next, please.

Sailor and Lula, two sexy characters, that's how it is. Old school. Rock and silly. Beautiful and romantic. Cats can be scary. King Kong and Godzilla kissing, isn't that a conclusive therapy? Horses also go to the dentist. Cute characters are often vulnerable. Young boys like to show off their behinds. And I don't know if it's sad people who create these paintings with positive messages (Dream Big, Live Simple) or if it's these paintings that create sad people.

I would be unable to tell you where the wild things are. I have a few leads. Weak ones. Maybe in the space between the eyes, the teeth, the feet. There. At the intersection, at the lower back. In any case, it is surely there that monsters and their imaginaries are born. "The night Max wore his wolf suit and made mischief of one kind" that ends with "and it was still hot. »

I am well aware that I am not of great help in answering your questions. "what it is and what does it want to tell us" I beg your pardon. I can tell you that the title of the exhibition is taken from the original title of "Where the Wild Things Are", this children's book written by Maurice Sendak in 1963, tells the story of Max, a little boy furious to have been sent to his room without dinner and who will be projected onto an island filled with monsters (Wild things) that he will scare and become the king of. He will end up feeling alone but appeased, then he will return home, where the hot meal his mother had prepared for him will be waiting. This story of anger and then calm fascinated children, adults, psychoanalysts, artists and to tell the truth, just about everyone for over sixty years (a common point with Dalida?). Who, as a child, hasn't screamed their anger into their pillow after being scolded? And who wouldn't want to do it again thinking about the absurd violence of our world? The subtitle of the exhibition "(or why everyone has back pain)" comes from a running gag in the film "A Brother's Love" by Monia Chokri. In the film, the character of Sophia, a somewhat lost thirty-something, repeats throughout her contemporary adventures (difficulty finishing her thesis, finding an intellectual job that isn't too difficult, jealousy towards her successful sister-in-law in every way, encounters with somewhat foolish guys, etc.) that her back hurts and asserts, with a good dose of irony, that it is currently the biggest problem of humanity.

Marilyn Monroe used to bite her nails.

Sincerely,
Tristan Chinal-Dargent

bottom of page